S’installer infirmier ou infirmière libérale : le parcours réel 2026

logo medicazen baseline

Vous êtes professionnel de la santé et vous recherchez une assurance ?

Medicazen, courtier en assurance, vous accompagne pas à pas dans votre quête.

Mis à jour le 18 août 2026

Pour vous installer en libéral sous convention, il faut un diplôme d’État d’infirmier et justifier soit de 24 mois d’expérience, soit de 3 200 heures dans une structure de soins généraux au cours des six années précédant la demande, soit de 18 mois en structure complétés par 6 mois de remplacement d’un infirmier conventionné Assurance Maladie, page mise à jour le 9 avril 2025.

Comptez cinq à six mois entre le moment où vous lancez les démarches et votre première tournée, parce qu’une seule étape commande toutes les autres : le conseil départemental de l’Ordre dispose de trois mois maximum pour statuer sur votre inscription, à compter du jour où votre dossier est jugé complet Ordre national des infirmiers, 2026.

Côté budget, deux montants seulement sont chiffrables à la source : la cotisation ordinale, 85 € par an pour un exercice libéral en 2026, et les cotisations CARPIMKO de la première année, 4 320 € selon le simulateur de la caisse pour une année pleine démarrant en janvier.

Le reste dépend de votre mode d’exercice et de vos assurances, et les fourchettes de 10 000 à 15 000 € que vous lirez ailleurs ne reposent sur aucune source officielle.

Sommaire

La condition d'expérience : ce qu'il faut avoir fait avant

C’est le point sur lequel les sources se contredisent le plus, y compris entre pages officielles. La référence, c’est l’Assurance Maladie, parce que c’est elle qui accorde ou refuse le conventionnement.

Deux voies possibles, au choix, avec le diplôme d’État obtenu en France, en Suisse ou dans un État membre de l’Union européenne :

Voie 1 : 24 mois d’expérience, soit 3 200 heures, au sein d’une structure de soins généraux (établissement de soins, groupement de coopération sanitaire), sous la responsabilité d’un médecin ou d’un infirmier cadre, au cours des six années précédant la demande d’installation.

Voie 2 : 18 mois, soit 2 400 heures, dans une structure de soins généraux, complétés par 6 mois (ou 800 heures, ou 109 jours) de remplacement d’un infirmier conventionné, le tout dans la fenêtre des six années.

Deux précisions que la plupart des pages oublient. La fenêtre de six ans compte : une expérience ancienne ne vaut rien. Et l’Assurance Maladie ne parle pas de « milieu hospitalier » mais de soins infirmiers effectifs auprès d’une population dont l’état de santé nécessite des interventions diversifiées. Certains postes ne remplissent pas ce critère. Personne ne peut vous dire à distance si le vôtre compte.

La seule chose intelligente à faire : demander par écrit à la CPAM du lieu où vous comptez vous installer si votre expérience est retenue, et attendre sa réponse avant de démissionner.

Pour remplacer, le seuil est plus bas : 18 mois ou 2 400 heures au cours des six dernières années, plus une autorisation de remplacement délivrée par l’Ordre (Ordre national des infirmiers). C’est la voie classique quand il manque de l’expérience pour s’installer directement.

Beaucoup commencent par des remplacements avant de s’installer. Les conditions d’accès, l’autorisation ordinale et la rétrocession sont expliquées dans notre page sur le contrat de remplacement en exercice libéral.

Le parcours étape par étape, avec les délais

Étape 1. Choisir la zone, avant tout le reste

Ce n’est pas une étape de confort. Le zonage arrêté par l’ARS conditionne votre conventionnement. En zone sur-dotée, l’accès au conventionnement n’est accordé qu’au successeur d’un infirmier qui cesse définitivement son activité dans la zone : c’est la règle d’une arrivée pour un départ.

Vous devez alors déposer un dossier spécifique, par courrier recommandé avec accusé de réception, comprenant une attestation de succession établie par l’infirmière que vous remplacez, et le dossier passe devant la commission paritaire départementale avant décision du directeur de la CPAM.

Dans les zones intermédiaires ou très dotées situées en périphérie d’une zone sur-dotée, toute nouvelle installation s’accompagne de l’engagement de réaliser deux tiers de son activité conventionnée dans la zone (Assurance Maladie, 9 avril 2025).

Ce que ça bloque en aval : tout. Le conseil de l’Ordre compétent est celui de votre lieu d’exercice, et le dossier de conventionnement se dépose auprès de la caisse de ce même lieu. Tant que la zone n’est pas arrêtée, rien ne peut être déposé.

Étape 2. S’inscrire au tableau de l’Ordre

Le dossier se dépose en ligne sur l’espace membres de l’Ordre. Pièces demandées : pièce d’identité recto-verso en cours de validité, diplôme d’État ou diplôme reconnu équivalent au niveau européen, attestation de nationalité pour les professionnels français nés à l’étranger.

En libéral, vous pouvez joindre votre attestation de responsabilité civile professionnelle et vos contrats d’exercice (remplacement, collaboration, bail professionnel).

Le conseil départemental vérifie le diplôme, les titres, la moralité, les contrats et le niveau linguistique, puis prononce l’inscription dans un délai maximal de trois mois à compter du moment où le dossier est jugé complet.

Notification par email dans la semaine qui suit. Cotisation : 85 € par an pour un exercice libéral en 2026, y compris pour les titulaires d’une autorisation de remplacement. Elle couvre l’année civile du 1er janvier au 31 décembre, sans prorata. Les nouveaux diplômés de l’année sont exonérés de leur première cotisation Ordre national des infirmiers, appel à cotisation 2026.

Ce que ça bloque en aval : le numéro RPPS, donc la carte CPS, donc la facturation. C’est l’étape la plus longue et la première à lancer. Un dossier incomplet ne fait pas courir le délai de trois mois, il le décale.

Et l’ARS ? Plus rien. Depuis octobre 2021, l’Ordre est l’autorité d’enregistrement des infirmiers au RPPS et les ARS n’enregistrent plus les infirmiers dans ADELI.

Le numéro RPPS à 11 chiffres est attribué à l’inscription au tableau. Si une page vous envoie encore demander un numéro ADELI à l’ARS, elle date d’avant 2021.

Étape 3. Demander l’installation sous convention à la CPAM

La demande se fait en ligne sur le service dédié de l’Assurance Maladie, installation-idel.ameli.fr. En zone sur-dotée, la demande de conventionnement spécifique décrite à l’étape 1 peut être déposée en parallèle.

Ce que ça bloque en aval : la prise en charge de vos actes par l’Assurance Maladie, la prise en charge d’une partie de vos cotisations maladie, et l’accès au régime ASV de la CARPIMKO. Sans conventionnement, l’activité n’est pas viable.

Délai : aucun délai n’est publié par l’Assurance Maladie. Appelez votre caisse pour connaître le sien.

Étape 4. Déclarer le début d’activité au guichet unique

Depuis le 1er janvier 2023, les centres de formalités des entreprises sont supprimés. Toutes les formalités passent par le guichet des formalités des entreprises. La déclaration doit être faite dans les 8 jours qui suivent le début d’activité.

En remplacement, l’immatriculation est due dès le premier jour de remplacement, et il faut cocher la case « remplaçant » pour être exonéré de la contribution aux unions régionales des professionnels de santé.

Sans adresse d’exercice fixe, c’est l’adresse du domicile qui est déclarée comme adresse professionnelle Service Public Entreprendre, fiche vérifiée le 17 juin 2026.

Cette déclaration informe l’Insee, l’Urssaf et le centre des finances publiques. L’Insee attribue le numéro Siret et le code APE. Elle déclenche aussi votre affiliation au régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés et à la CARPIMKO.

Sur le statut juridique : l’exercice infirmier en libéral n’est possible qu’en nom propre, en société d’exercice libéral ou en société civile professionnelle. Le régime de la micro-entreprise est fermé aux infirmières libérales, parce qu’elles relèvent de la CARPIMKO et non de la CIPAV (Ordre national des infirmiers, point juridique sur le cadre de l’exercice infirmier en libéral).

La société civile de moyens, souvent citée à tort comme un statut d’exercice, ne sert qu’à partager des moyens : chaque associée continue d’exercer en son nom propre.

Fiscalement, vous relevez des bénéfices non commerciaux, au micro-BNC tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € pour les années 2026, 2027 et 2028, avec un abattement forfaitaire de 34 %, ou en déclaration contrôlée economie.gouv.fr, 2026.

En pratique, les charges d’une IDEL dépassent souvent 34 % des recettes, ce qui rend la déclaration contrôlée plus favorable.

Ce calcul se fait sur vos chiffres, pas sur une moyenne : faites-le avec un cabinet comptable qui connaît la profession, comme Compta IDEL, spécialisé sur les infirmiers et infirmières libérales.

Étape 5. Souscrire la responsabilité civile professionnelle

Tous les professionnels de santé exerçant à titre libéral doivent souscrire une assurance de responsabilité civile couvrant l’ensemble des actes qu’ils pratiquent.

Le manquement à cette obligation peut entraîner des sanctions pénales et disciplinaires (Service Public Entreprendre, 17 juin 2026). À souscrire avant le premier acte, pas après.

Étape 6. Demander l’ACRE si vous y êtes éligible

L’exonération n’est pas automatique : elle suppose une demande auprès de l’Urssaf au moyen du formulaire dédié.

Elle porte sur les cotisations maladie, allocations familiales, retraite de base et invalidité-décès, pendant 12 mois.

Son montant est plafonné à 25 % de ces cotisations pour des revenus inférieurs à 36 045 €, dégressif entre 36 045 € et 48 060 €, et nul au-delà. Il faut ne pas avoir bénéficié de l’ACRE au cours des trois années précédentes (Service Public Entreprendre, 17 juin 2026).

Faites le point sur vos contrats

Vous décrivez votre situation en une minute. Vincent Legac ou un membre de son équipe vous rappelle pour cadrer votre besoin.

  • Aucune souscription engagée à ce stade
  • Un interlocuteur unique, pas un centre d'appel
  • Plusieurs compagnies interrogées, pas une seule

ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l'ACPR.

Rétroplanning : quoi lancer, et quand

Quand Ce que vous lancez Pourquoi maintenant
6 mois avant Faire confirmer par écrit par la CPAM que votre expérience est retenue. Demander vos attestations d'employeur. C'est la seule réponse qui vous autorise à démissionner sans risque.
5 mois avant Arrêter la zone d'installation et consulter le zonage de l'ARS. Le conseil de l'Ordre et la caisse compétents dépendent du lieu d'exercice.
4 mois avant Déposer le dossier d'inscription au tableau de l'Ordre, complet du premier coup. Trois mois maximum de délai à compter du dossier complet. C'est l'étape qui commande toutes les autres.
3 mois avant Signer le contrat d'exercice (bail, collaboration, remplacement). Demander vos devis d'assurance. Les contrats d'exercice se transmettent à l'Ordre et peuvent compléter le dossier.
2 mois avant Déposer la demande d'installation sous convention sur installation-idel.ameli.fr. En zone sur-dotée, envoyer le dossier spécifique en recommandé. En zone sur-dotée, le dossier passe en commission paritaire départementale.
1 mois avant Souscrire la responsabilité civile professionnelle. Commander la carte CPS et le logiciel de facturation. La RCP est obligatoire dès le premier acte.
Jour 1 Première tournée. Le compteur des 8 jours démarre.
Jour 1 + 8 jours Déclaration de début d'activité sur le guichet des formalités des entreprises. Délai réglementaire. Déclenche Siret, Urssaf et CARPIMKO.
Jour 1 + 90 jours Premier appel de cotisations Urssaf. Un début d'activité après le 5 août reporte les cotisations de l'année sur l'année suivante.

Le budget d'installation, poste par poste

Un mot avant le tableau. Les fourchettes de 10 000 à 15 000 € reprises un peu partout ne renvoient à aucune source officielle.

Nous préférons vous donner les montants que nous pouvons justifier, et dire clairement lesquels ne le sont pas.

Poste Montant Source
Cotisation à l'Ordre national des infirmiers 85 € par an (exercice libéral, 2026). Exonérée l'année du diplôme. ordre-infirmiers.fr, 2026
Déclaration au guichet des formalités des entreprises Gratuit pour les entreprises individuelle . formalites.entreprises.gouv.fr
Cotisations Urssaf, première année Calculées sur une base forfaitaire les deux premières années, puis recalculées. Le montant figure sur votre appel de cotisations. La CPAM prend en charge 6,40 % de votre cotisation maladie, 0,10 % restent à votre charge. urssaf.fr
Cotisations CARPIMKO, première année 4 320 € pour une année pleine démarrant en janvier. Détail poste par poste juste en dessous. Simulateur CARPIMKO, 2026
Responsabilité civile professionnelle Obligatoire. Montant à faire valider par le courtier. Devis
Prévoyance, complémentaire santé, assurance du véhicule professionnel, assurance du local À faire valider par le courtier. Devis
Logiciel de facturation, lecteur de carte Vitale, matériel de soins, véhicule, local Aucun tarif officiel. Dépend entièrement de votre mode d'exercice. À chiffrer sur devis. Devis
À déduire : aides en zone très sous-dotée Contrat d'aide à la première installation : 37 500 € sur 5 ans. Contrat d'aide à l'installation : 27 500 € sur 5 ans. Contrat d'aide au maintien : 3 000 € par an sur 3 ans. Plus 150 € par mois en cas d'accueil d'un étudiant infirmier en stage de fin d'études. Sous conditions d'engagement. ameli.fr, 9 avril 2025

Ce que coûte réellement la CARPIMKO la première année

L’affiliation à la CARPIMKO est obligatoire dès le premier jour d’exercice libéral, y compris en remplacement et même pour une activité accessoire.

C’est le poste de charges le plus lourd de la première année, et c’est aussi celui que les guides d’installation traitent le plus mal : la plupart annoncent 3 500 à 3 600 € sans indiquer d’où sort le chiffre.

Voici le résultat du simulateur officiel de la caisse, pour une première année d’exercice démarrant en janvier.

Simulateur CARPIMKO, simulation réalisée le 18 août 2026 pour une première année d'exercice débutant en janvier. Estimation à titre indicatif, qui n'engage pas la CARPIMKO sur le montant définitif : celui-ci n'est calculé qu'une fois le revenu réel connu.
Régime Détail Montant
Régime de base provisionnel 1re tranche 797,00 €
Régime de base provisionnel 2e tranche 171,00 €
Régime complémentaire   2 091,00 €
Régime invalidité-décès Forfaitaire 1 022,00 €
Régime ASV Forfait 224,00 €
Régime ASV Cotisation proportionnelle 15,00 €
Total première année   4 320,00 €

Trois choses à retenir de ce tableau.

Le régime complémentaire pèse presque la moitié du total à lui seul, 2 091 € sur 4 320 €, et il n’a rien de provisionnel : il n’attend pas vos revenus réels. Le régime invalidité-décès, 1 022 €, est forfaitaire lui aussi et dû quel que soit votre chiffre d’affaires, y compris si vous démarrez doucement.

Ces deux postes, plus l’ASV, représentent 3 352 € que vous devez sortir même avec une activité qui monte lentement.

Seule la cotisation du régime de base est provisionnelle. Elle sera régularisée ensuite sur vos revenus réellement perçus. Autrement dit, les 968 € de régime de base affichés ici sont un acompte, pas un solde.

C’est de là que vient la régularisation qui surprend tant d’IDEL en deuxième ou troisième année.

Ce montant vaut pour une année pleine démarrant en janvier. Un démarrage en cours d’année donne un résultat différent : refaites la simulation avec votre date réelle sur le simulateur de la caisse.

Le régime invalidité-décès finance une indemnité journalière qui ne démarre pas au premier jour d’arrêt, et le régime complémentaire construit une pension qui ne remplacera qu’une partie de vos revenus.

C’est ce qui rend la question de la retraite de l’infirmière libérale et celle de votre couverture en cas d’arrêt indissociables du budget d’installation.

Les assurances à avoir avant la première tournée

Une seule est obligatoire : la responsabilité civile professionnelle.

Tous les professionnels de santé libéraux, et les sociétés qu’ils forment, doivent souscrire une assurance couvrant l’ensemble des actes qu’ils pratiquent. Ne pas le faire expose à des sanctions pénales et disciplinaires.

Elle doit courir dès votre premier acte, pas à la fin du premier mois.

Sur ce que couvre exactement une RCP et sur ce qu’elle ne couvre pas, voyez notre page dédiée à la responsabilité de l’infirmière libérale.

Les autres ne sont pas obligatoires et sont pourtant celles qui décident de votre survie financière.

La prévoyance d’abord. En libéral, un arrêt de travail arrête vos recettes, pas vos cotisations. Le régime obligatoire ne verse rien pendant les premiers jours, puis peu, puis relaie tardivement.

C’est pour ça que le sujet mérite sa propre page : nous l’avons traité en détail dans notre article sur l’arrêt maladie de l’infirmière libérale.

Ensuite, selon votre situation :

l’assurance du véhicule en usage professionnel, qui n’est pas un contrat particulier standard, l’assurance du local si vous avez un cabinet, et une complémentaire santé adaptée à un métier physique.

Pour comprendre comment ces contrats s’articulent, voyez notre page assurance infirmière libérale.

Nous ne publions pas de tarifs sur cette page. Les cotisations dépendent de votre âge, de vos garanties et de votre mode d’exercice, et un prix affiché au hasard ne vous aide pas à décider.

Ce qui se passe après l'installation

Le piège de la première année n’est pas le montant des cotisations, c’est leur calendrier.

Pendant les deux premières années, l’Urssaf ne connaît pas vos revenus : vos cotisations sont calculées sur une base forfaitaire, puis recalculées une fois vos revenus réels déclarés.
Le premier appel de cotisations n’arrive que dans les 90 jours suivant le début d’activité, et si vous démarrez après le 5 août, les cotisations de l’année sont à payer l’année suivante Urssaf .

Autrement dit : vous encaissez à plein régime pendant des mois avec des prélèvements minimes, puis la régularisation tombe. Vous pouvez transmettre une estimation de vos revenus à votre Urssaf dès la première année pour lisser le choc. Peu d’IDEL le font.

Le même décalage existe côté CARPIMKO, mais partiellement : sur les 4 320 € de la première année, seule la part du régime de base est provisionnelle et sera régularisée. Le reste est forfaitaire et dû immédiatement.

À ce décalage s’ajoute un trou de couverture les premiers mois, quand vos droits ne sont pas encore ouverts alors que votre salaire, lui, a déjà disparu.

C’est la période la plus mal couverte de toute une carrière libérale, et c’est aussi celle dont personne ne parle avant l’installation.

Les erreurs qui coûtent cher

Démissionner avant d’avoir la confirmation écrite de la CPAM. L’Assurance Maladie exige des soins infirmiers effectifs auprès d’une population dont l’état de santé nécessite des interventions diversifiées, sous responsabilité d’un médecin ou d’un cadre.

Tous les postes ne remplissent pas ce critère. Conséquence si votre expérience n’est pas retenue : vous n’êtes plus salariée et vous n’êtes pas conventionnable.

Déposer le dossier ordinal en dernier. Le conseil départemental a trois mois pour statuer. Tant qu’il n’a pas statué, pas de numéro RPPS, donc pas de carte CPS, donc pas de facturation. Conséquence : une installation repoussée d’un trimestre, avec un bail déjà signé.

Envoyer un dossier incomplet. Le délai de trois mois court à compter du jour où le dossier est jugé complet, pas de son dépôt. Conséquence : vous croyez avoir lancé le compteur, il n’a jamais démarré.

Signer en zone sur-dotée sans attestation de succession. Le conventionnement n’y est accordé qu’au successeur d’un infirmier qui cesse définitivement son activité.

Conséquence : vous exercez sans convention, vos patients ne sont pas remboursés dans les conditions habituelles, et votre activité ne tient pas.

Croire que l’ACRE est automatique. Elle suppose une demande auprès de l’Urssaf. Conséquence : douze mois d’exonération perdus, sans rattrapage.

Budgéter la première année sur les cotisations appelées. Côté Urssaf, les deux premières années sont calculées sur une base forfaitaire basse. Côté CARPIMKO, sur les 4 320 € appelés, seuls 968 € sont provisionnels : la régularisation portera sur cette part, calculée sur vos revenus réels.

Conséquence : un rattrapage de plusieurs milliers d’euros qui tombe en deuxième ou troisième année, à un moment que vous n’avez pas choisi.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour s'installer en infirmière libérale ?

Comptez cinq à six mois si vous partez de zéro.

Le poste le plus long est l’inscription au tableau de l’Ordre : le conseil départemental dispose de trois mois maximum à compter du dossier complet.

Le reste des démarches est rapide, mais toutes sont en aval de celle-là.

Oui. Le remplacement n’est pas obligatoire.
Il faut 24 mois ou 3 200 heures en structure de soins généraux dans les six années précédant la demande.
La voie mixte, 18 mois en structure plus 6 mois de remplacement, est une alternative, pas une obligation.

Deux montants sont chiffrables à la source : la cotisation ordinale, 85 € par an en 2026 pour un exercice libéral, et les cotisations CARPIMKO de la première année, 4 320 € selon le simulateur de la caisse pour une année pleine démarrant en janvier.

Le reste dépend de votre mode d’exercice : véhicule, local, matériel, logiciel, assurances. En zone très sous-dotée, les contrats d’aide de l’Assurance Maladie peuvent aller jusqu’à 37 500 € sur cinq ans pour une première installation, sous conditions d’engagement.

4 320 € pour une première année complète démarrant en janvier, selon le simulateur de la caisse : 968 € de régime de base provisionnel, 2 091 € de régime complémentaire, 1 022 € d’invalidité-décès et 239 € d’ASV.

Seule la part du régime de base est provisionnelle et sera régularisée sur vos revenus réels.

Un démarrage en cours d’année donne un montant différent.

La remplaçante exerce à la place d’un infirmier conventionné pendant son indisponibilité, sous contrat, et perçoit une rétrocession d’honoraires.
Il lui faut 18 mois ou 2 400 heures d’expérience et une autorisation de remplacement délivrée par l’Ordre.
La collaboratrice exerce en son nom propre dans le cabinet d’une titulaire et lui verse une redevance. La titulaire porte le bail ou le local et la patientèle.
Dans les trois cas, l’immatriculation, les cotisations et les obligations comptables sont les mêmes.
L’Ordre met des modèles de contrats d’exercice à disposition.

Le conventionnement n’est accordé qu’au successeur d’un infirmier cessant définitivement son activité dans la zone.

Vous devez déposer une demande spécifique par courrier recommandé avec accusé de réception, avec une attestation de succession, en précisant le lieu et les conditions exactes de l’installation projetée.

La commission paritaire départementale donne un avis avant décision du directeur de la caisse.

Non. L’exercice infirmier en libéral n’est possible qu’en nom propre, en société d’exercice libéral ou en société civile professionnelle.
Les infirmières libérales relèvent de la CARPIMKO et non de la CIPAV, ce qui les exclut du régime de la micro-entreprise. 

Faire vérifier vos assurances avant votre première tournée

Responsabilité civile professionnelle, prévoyance, véhicule, local : les contrats à mettre en place avant le premier acte ne sont pas les mêmes selon que vous démarrez en remplacement, en collaboration ou en titulaire.

Un échange de vingt minutes suffit à savoir ce dont vous avez réellement besoin, et ce dont vous n’avez pas besoin.

Faites le point sur vos contrats

Vous décrivez votre situation en une minute. Vincent Legac ou un membre de son équipe vous rappelle pour cadrer votre besoin.

  • Aucune souscription engagée à ce stade
  • Un interlocuteur unique, pas un centre d'appel
  • Plusieurs compagnies interrogées, pas une seule

ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l'ACPR.

Vincent Legac, gérant d'ADENOR Courtage

Rédigé et validé par

Vincent Legac

Gérant d’ADENOR Courtage, courtier en assurance immatriculé à l’ORIAS sous le n° 15004082, sous le contrôle de l’ACPR.

Courtier depuis 2015, spécialisé dans la protection des professionnels de santé libéraux : responsabilité civile professionnelle, prévoyance, mutuelle et retraite.

Immatriculation vérifiable sur orias.fr.